Prévisions: le FMI projette 3,5% de croissance pour l’Afrique subsaharienne en 2019 contre 3% en 2018 (Rapport)


AFRIQUE - ECONOMIE
Les Prévisions du FMI pour l'Afrique Subsaharienne

   

Les perspectives économiques de l’Afrique subsaharienne sont bonnes. Avec un taux de croissance économique de 3% en 2018, le Fonds monétaire international (FMI) annonce la poursuite de la reprise économique dans ladite région avec une projection de 3,5 pour l’année en cours. Mais tout ne sera pas rose si des efforts supplémentaires ne sont pas fournis pour amortir progressivement les effets des nombreux chocs d’ordres climatique et conflictuel notamment (en cours et en perspective). C'est ce qu'il convient de retenir du dernier rapport sur "les perspectives économiques régionales pour l'Afrique subsaharienne" de l'institution.

Par ©Afrique Vision Média
2019-04-30 23:45:55 / 483 vues

Dans ses prévisions semestrielles, rendues publiques dans la journée du mardi 30 avril à Dakar (Sénégal) et disponible sur son site internet officiel, à travers un communiqué de presse, malgré la poursuite de la reprise économique dans la région, une disparité importante s’observe entre deux groupes de pays, selon le FMI.

Le premier groupe prend en compte les 24 pays dont l‘économie repose essentiellement sur les ressources naturelles (pétrole, mines). Dans ce groupe, «la croissance devrait rester anémique», indique le FMI. Sur cette liste de 24 pays, se retrouvent les deux plus importantes économiques de la zone : l’Afrique du Sud et le Nigeria. Ainsi, la croissance économique nigériane, fortement tributaire du pétrole, connaîtra une légère augmentation de 1,9 % en 2018 à 2,1 % cette année. Mais les projections «restent moroses en raison de la baisse des cours du pétrole». Quant à l’économie sud-africaine, encore grippée, sa croissante devrait, aussi, légèrement, augmenter. De 0,8 % en 2018, elle s’établirait à 1,2 % cette année. Et ceci, grâce à «une amélioration de la confiance des milieux d’affaires et des consommateurs».

Au niveau du second groupe, qui englobe les pays pauvres en ressources naturelles et à l‘économie plus diversifiée, le FMI se félicite des performances annoncées avec une projection de forte croissance d’environ «6,3 % en moyenne en 2019 et 2020».

Selon l’institution, même si les projections sont faites par région et catégorie, certaines économies se démarquent très bien des autres. C’est le cas, entre autres, de l’Ethiopie, troisième économie d’Afrique subsaharienne qui continue d’enregistrer des performances encourageantes avec une croissance de 7,7 % prévue pour 2019. Sur cette liste des économiques dynamiques, l’institution cite le Sénégal, le Kenya et la Côte d’Ivoire aussi.

LA ZONE DE LIBRE-ECHANGE CONTINENTALE AFRICAINE (ZLECAF), UN ATOUT A EXPLOITER

Pour ne pas assister à une nouvelle chute de la courbe de la croissance, le FMI espère que les institutions économiques et politiques de la région exploiteront tous les potentiels à leur disposition dont la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) qui attend juste d’être opérationnalisée, le quota des 22 pays attendus pour avancer dans ce projet étant atteint avec la ratification de l’accord par la Gambie, début avril de cette année. Car, «cette nouvelle entité pourrait changer la donne sur le continent» avec un marché de 1,2 milliard d’habitants et un PIB cumulé de 2.500 milliards de dollars. Ceci, à condition de baisser, voire supprimer à terme, les droits de douanes, mais surtout de lever les «goulets d‘étranglement non-tarifaires», en améliorant, en particulier, les infrastructures et la logistique commerciale. Aussi, est-il nécessaire de prendre les dispositions pour amortir les effets des chocs climatiques, conflictuelles et économiques pouvant venir de l’intérieur de la région ou de l’extérieur notamment de la Chine, premier partenaire commercial de la région.

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