Rapport Africa’s Pulse, 19è édition: 46 milliards de dollars transférés vers l’Afrique en 2018 par les diasporas africaines


AFRIQUE - ECONOMIE

   

Le contexte économique morose de l’Europe et des Etats-Unis n’empêche pas les diasporas africaines de transférer, davantage, de fonds vers leurs pays d’origine. Et les Nigérians en sont même les champions. Ce qui positionne  la première puissance économique de l’Afrique en tête des pays ayant accueilli plus d’argent de leurs diasporas en Afrique Subsaharienne en 2018 selon la Banque Mondiale dans la 19è édition de son rapport Africa’s Pulse rendu public le 8 avril 2019.

Par ©Afrique Vision Média
2019-04-20 22:45:08 / 627 vues

En 2018, les diasporas africaines notamment de l’Europe et des Etats-Unis ont transféré environ 46 milliards de dollars vers leurs pays d’origine. En tête des pays bénéficiaires de ces transferts, la Banque Mondiale, dans la dernière édition de son rapport Africa’s Pulse, classe le Nigéria avec 24,3 milliards de dollars reçus. A sa suite, on retrouve le Ghana avec 3,8 milliards de dollars et le Kenya avec 2,7 milliards de dollars. Ils sont suivis par le Sénégal (2,2 milliards de dollars) et le Zimbabwe (1,9 milliard de dollars). Les fonds envoyés par les diasporas africaines en direction de la sous région ouest africaine en 2018 représentent un record avec une hausse de 9,6% par rapport à 2017 où les transferts étaient évalués à 42 milliards de dollars. Cette hausse, la troisième constante, des transferts de fonds des diasporas vers l'Afrique subsaharienne, s’explique, selon la Banque mondiale, par la solidité des conditions économiques dans les pays à revenus élevés où travaillent de nombreux "migrants" issus de l'Afrique subsaharienne.

D’après les projections de la Banque Mondiale, les transferts de fonds devraient continuer dans cette dynamique pour s’établir à 48 milliards de dollars au cours de 2019 et 51 milliards de dollars en 2020.

Les coûts exorbitants des transferts, un frein à l’impact des efforts des diasporas africaines sur le développement de l’Afrique

D’après le principal auteur de la note de la Banque mondiale, Dilit Ratha, «Ces transferts sont en passe de devenir la principale source de financement extérieur des pays en voie de développement. Le coût élevé des transferts réduit le profit que l'on peut tirer des migrations». Mais, d’après celle-ci, plusieurs alternatives pourront aider à réduire ces coûts. Entre autre, le rapport suggère de «renégocier des partenariats exclusifs, par exemple, entre les services postaux et un prestataire de services de transfert, et laisser de nouveaux concurrents entrer en lice à travers les bureaux de poste, les banques et les compagnies de télécommunications. Cette stratégie va accroître la concurrence et diminuer le prix des transferts».

Il faut souligner que le rapport a également fait un calcul pour classer les principaux pays bénéficiaires de ces fonds rapportés à leurs PIB. Dans ce classement, les îles Comores viennent en tête avec un taux de 19,1%, suivies de la Gambie (15,3%), du Lesotho (14,7%), du Cap-Vert (12,3%) et du Liberia (12%).